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8 choses qu’on pourrait réapprendre à aimer

Depuis petit, on a appris à regarder le monde à travers des lunettes. Et pour pouvoir comprendre et analyser notre environnement rapidement, on a appris à classer les choses, les concepts et les gens dans deux cases différentes : une blanche, une noire ; une bonne, une mauvaise. D’un côté on accueille, de l’autre on rejette.

C’est plus facile, évidemment, d’appréhender le quotidien ainsi. Mais il arrive qu’il y ait des erreurs d’aiguillage et que l’on envoie dans la case négative des choses qui pourraient pourtant nous apporter bien du positif. Car, au fond, ce qui nous entoure et nous traverse est bien plus complexe que ce que l’on se contente de croire. Et c’est dans la nuance, entre la balance de deux extrêmes, que se loge une voie sur laquelle aiguiser notre conscience.

Alors aujourd’hui je vous propose de réhabiliter ce qu’on a étiqueté avec les mots “à délaisser”. Et si on apprenait à nouveau à aimer certaines choses ? Et si on enrichissait notre vision de certains concepts afin d’en percevoir toutes leurs couleurs ?

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L’imagination

Ahhh, l’imagination. Vous les connaissez tous, ces expressions : “tu as trop d’imagination”, “ce n’est pas la réalité, c’est ton imagination”. On perçoit souvent notre imagination comme une illusion, surtout quand on l’associe à l’intuition et à la perception de mondes invisibles. Mais, et si notre imagination était un réceptacle ? Une boîte aux lettres dont il faudrait apprendre à décrypter les messages ? Pourquoi devrions-nous rejeter une image, une sensation, un mot sous prétexte qu’il émanerait de notre imagination ? Et si, au contraire, il s’agissait d’une information subtile captée par notre cerveau ? Et si notre inconscient essayait de nous transmettre une clé ?

Alors, ce serait à chacun d’affiner la connaissance de sa propre imagination et d’en déchiffrer la symbolique (l’image d’un océan, par exemple, aurait une signification différente pour certaines personnes, selon leur rapport à l’eau). Elle ne serait plus une chimère à fuir, mais un guide à écouter, un outil de connaissance personnelle et un nouveau langage pour interpréter nos perceptions.

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La dépendance aux autres

Nous vivons en ce moment dans le règne de l’indépendance. Elle est une forme d’idéal à atteindre, il nous faut “prendre notre indépendance” par rapport à notre famille, puis devenir “financièrement indépendant” et surtout, surtout, ne pas être “affectivement dépendant”. De la même manière, mieux vaut être mobile, prêt à déménager d’une ville ou d’un pays à l’autre. Garder un travail trop longtemps est presque devenu synonyme de routine insoutenable. Ne pas trop s’attacher à son environnement, ne pas trop s’appuyer sur les autres, être prêt à tout lâcher à tout moment. On coupe un maximum de canaux qui nous rattacheraient à quelqu’un ou à quelque chose. Et cela est vécu comme une sécurité émotionnelle et affective.

Alors on oublie. On oublie que la justesse est rarement dans un extrême. Que pour apprendre à se détacher sereinement, il faut aussi et avant tout savoir s’attacher. Que pour mettre la bonne distance émotionnelle, on doit expérimenter la proximité affective. Sans tomber pour autant dans une dépendance malsaine ou déséquilibrée.

On oublie. On oublie à quel point l’entraide et la coopération sont des fondations inhérentes à notre espèce. On oublie que nous sommes avant tout des êtres sociaux, dépendants d’un groupe, et que sur la majorité du globe, plusieurs générations vivent sous un même toit ou dans des groupes inter-indépendants. Que les liens que l’on tisse patiemment ou intensément entre notre âme et celles des autres forment un réseau nourricier qui sublime notre expérience humaine. Sans cela, elle serait bien aride.

Il me semble important de ne pas rejeter la dépendance aux autres, mais de savoir mettre la bonne distance émotionnelle et affective dans un échange, une relation, un projet, un lieu de vie. Accepter d’être dans une dépendance saine, tout en sachant que l’impermanence de la vie nous amènera tôt ou tard, à relâcher les liens.

La vulnérabilité

Sois fort. Ne montre pas tes faiblesses. Prends sur toi si tu es fatigué ou déprimé. Ne t’épanche pas… Le jour où l’on nous a sommé d’être des êtres sans failles, on a omis de nous dire qu’être vulnérable, c’est être fort et courageux.

C’est être capable de retirer tous nos masques pour montrer notre vrai visage. C’est avoir confiance en l’autre, celui qui nous voit fragile et pourrait d’un geste nous détruire. C’est reconnaître avec humilité nos limites. C’est s’embrasser soi-même et accepter toutes les parts qui nous constituent. C’est un vrai défi, profond, puissant, difficile. Et c’est en étant vulnérable qu’on peut se révéler au monde et déployer véritablement nos ailes. Car c’est dans le terreau de nos fêlures que l’on puisera ensuite de la force.

L’ennui

Au quotidien, on a rarement une minute à soi. Et lorsqu’on a l’air de rêvasser ou de s’ennuyer, on peut vite être catalogué “flemmard”. Pourtant, l’ennui est une sorte d’état méditatif qui nous permet de nous ressourcer. Et c’est souvent dans un moment d’ennui, quand nous nageons en eaux calmes, qu’une fabuleuse idée remonte à la surface.

Contrairement à l’image générale que l’on s’en fait, l’ennui n’est pas inutile : il est l’un des carburants de la créativité et donc de l’action. Il est aussi parfois un ancrage inconfortable dans le moment présent, qui apaise notre esprit et lui offre un espace de clarté et d’introspection. Une expérience que j’aime qualifier d’indispensable à notre hygiène psychologique.

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La maladie

On perçoit le plus souvent la maladie comme un intrus à éliminer. Un état dérangeant et perturbé, duquel il faut sortir pour retrouver notre état de santé initial. Une injustice, qui engendre l’incompréhension, et qu’il est de coutume de combattre en s’intéressant davantage à ses symptômes qu’à son origine.

Or, si on l’écoute et apprend à décrypter d’où elle vient, la maladie nous raconte beaucoup sur nous. Et plus on la comprend, plus on peut démêler les noeuds qui l’ont invitée chez nous. Je crois fortement qu’une maladie n’arrive jamais par hasard (mais c’est ma conviction personnelle) et qu’en définitive, elle nous offre l’occasion de changer notre vision des choses. En ce sens, elle est aussi, et malgré toutes les souffrances qu’elle peut engendrer, une grande initiatrice, voire une puissante libératrice. Ne devrions-nous pas aussi voir en elle les mille germes qu’elle porte ? Elle nous ramène à l’essentiel et nous apprend à respecter notre rythme naturel et les profonds besoins de notre être. Cela reste un vaste sujet, parfois difficile à aborder, dont je vous ai déjà un peu parlé dans mon article Guérir ou soigner, l’immense différence.

– À lire aussi : Guérir et soigner, l’immense différence

La patience, la lenteur et l’effort

Dans un monde qui va à 100 à l’heure, la patience, la lenteur et l’effort ne sont plus très à la mode. Pourtant, les plus grands temples érigés sur notre Terre ne se sont pas construits en un jour. Les plus lointaines explorations n’ont pas été le parcours d’une semaine. Les blessures les plus profondes ne se sont jamais refermées en quelques heures.

Le temps est notre maître : inexistant et pourtant si présent. Discret, cruel, salvateur, il file trop vite entre nos doigts et s’écoule trop lentement dans nos coeurs. Intégrer à notre vie la patience, la lenteur et l’effort rééquilibre notre soif d’expériences, de vitesse, de progression constante. Tout arrive. Au bon moment. Respirez. Gardez la foi : si votre impatience vous brûle les ailes, vous ne pourrez plus voler. Alors que plus vous vous fondrez dans le rythme naturel des choses, moins vous subirez les changements de temporalité. Il vous semblera normal d’attendre, de laisser les choses se mettre en place et naturel d’accélérer quand un virage se présentera.

La mort

Bien sûr, la mort n’est pas un sujet facile. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’on n’en parle jamais. Parce qu’on y réfléchit à peine, tellement elle nous effraie. La mort est un grand tabou. Et plus le tabou grandit, plus la peur se tapit au fond de nous. Pourtant, s’intéresser à cette majestueuse inconnue nous ouvre les portes d’un enseignement libérateur et profond. Car quand on s’adresse à elle pour lui demander “qui es-tu ? D’où viens-tu ? Où m’emmènes-tu ?”, on est obligés de s’intéresser à sa soeur siamoise. La vie.

La mort nous répond toujours : “Et toi, qui es-tu ? D’où viens-tu ? Où vas-tu ? Qu’as-tu fait, qu’aimes-tu ?”. La mort ouvre devant nous des perspectives vertigineuses qui nous contraignent à nous interroger sur le sens et la dimension spirituelle de la vie. Se connecter à la mort et à son sens universel, c’est entretenir un lien plus fort à notre propre existence et à notre humanité. C’est avancer sur un cheminement complexe et approfondir notre rapport au sacré.

Enrichir notre connaissance de l’une (la mort), c’est enrichir notre expérience de l’autre (la vie). Comme l’étude de deux facettes qui nous permettrait de mieux connaître une seule et même pièce. Cette recluse ne mériterait-elle pas qu’on s’intéresse un peu plus à elle ?

– À lire aussi : 5 choses qui ont provoqué des déclics spirituels dans ma vie

Le chagrin, la peur et la colère

On valorise beaucoup plus les émotions agréables (la joie, la surprise) que les émotions dites désagréables (la peur, la colère, la tristesse). Pourtant, elles ont toutes leur utilité (sinon, elles n’existeraient pas).

Les émotions sont comme des personnages, des sages, des conseillères, des livres ouverts, qui viennent nous rencontrer sur notre chemin pour nous passer un message, nous tendre un miroir ou nous livrer un enseignement. Car elles nous parlent avant tout de nous et de notre vie intérieure.

Les refouler, c’est emmagasiner une potion explosive en soi. Les accueillir, c’est apprendre à se connaître et évoluer. Les émotions nous permettent de décrypter nos expériences, de les digérer et de grandir. Une peur résonne avec d’anciennes mémoires et nous aide à comprendre les noeuds qui se jouent au présent. S’autoriser à ressentir et à extérioriser toutes ces émotions, c’est contacter notre plein pouvoir à les libérer et c’est aussi faciliter notre communication avec nous-mêmes et avec les autres.

Alors pleurez, râlez, frissonnez, criez ! Cela fait partie intégrante de votre humanité.

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Alors, qu’allez-vous réapprendre à aimer ?
Avec amour,
Laurine

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6 Comments

  • Reply
    Enirtourenef
    6 septembre 2019 at 10 h 00 min

    Je n’ai jamais eu de mal avec mon imagination, qui a plutôt été valorisée par mes parents, je pense. En revanche, j’ai beaucoup de mal à accepter d’être vulnérable (ce qui va un peu avec la dépendance aux autres, en un sens, puisque se montrer vulnérable c’est aussi reconnaître qu’on a besoin d’un coup de main des autres). En revanche je n’ai pas plus de problème que ça avec la mort. Ce n’est pas triste, en soi, la mort, c’est juste le commencement d’un nouvel état et à partir du moment où l’on vient à la vie on est condamné à mourir (et c’est très bien comme ça, l’immortalité finirait par être ennuyeuse, je pense).

    • Reply
      Alice & Shiva
      6 septembre 2019 at 16 h 07 min

      Je suis tout à fait d’accord avec toi au sujet de la mort ! 🙂 Merci pour ton partage

  • Reply
    Latmospherique
    6 septembre 2019 at 10 h 31 min

    Très juste!
    L’imagination est une clé puissante.
    La vulnérabilité, j’apprends.
    La dépendance, j’y vais à tâtons.
    La mort me passionne. Tout comme la vie.
    Et je pense aussi que la maladie a toujours quelque chose à nous apprendre.
    Merci et douce journée

    • Reply
      Alice & Shiva
      6 septembre 2019 at 16 h 07 min

      Merci pour ton partage, belle journée à toi et à très vite !

  • Reply
    virginiekubler
    7 septembre 2019 at 19 h 38 min

    Comme toujours ça tombe à pic et ça sonne juste :D.

    Ce sont précisément des notions qui jalonnent mes réflexions encore plus intensément en 2019. Je pourrais reprendre tes mots pour souligner mes conclusions. (et je vais un jour me concocter un recueil de tes articles XD)

    Je trouve que l’imagination est bâtie grâce à l’ennui et à la divagation de la pensée mais aussi grâce aux situations de crise.
    La vulnérabilité rend évidente et nécessaire la notion de dépendance ou inversement.
    Tout ça s’apprend, parfois/souvent de mauvais gré, s’apprivoise avec délicatesse et amour de soi, compassion et douceur.
    Je me disais aussi qu’il serait bon de rencontrer quelqu’un qui serait fort et vulnérable dans des dimensions, sinon opposées, du moins complémentaires aux siennes.

    Apprendre à exprimer ses émotions négatives et à comprendre les messages qu’elles nous transmettent est tout un programme aussi… pas facile quand il y a la constante injonction d’être fort et tout sourire… Idem pour la patience et la lenteur…

    Je m’intéresse également de plus en plus aux raisons émotionnelles, psychologiques, besoins inconscients de telle ou telle maladie.

    En revanche si j’appréhende surtout la manière dont je vais mourir, je me réjouis beaucoup de l’après, même si je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il va se passer je suis sûre que ça va être génial (et même s’il ne se passe rien et que c’est le néant).

    voilà pour mes impressions 😉

    • Reply
      Alice & Shiva
      9 septembre 2019 at 20 h 32 min

      Superbe partage, merci beaucoup ! 🙂

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